Synopsis :
Yoichi Yamashita travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il décide de retourner à Tottori, sa ville natale, pour la veillée funéraire, après une vingtaine d'année d'absence. Au cours de cette longue nuit, la famille et les proches de son père se succèdent pour apporter un dernier hommage. Le héros en vient ainsi à retracer son enfance depuis le terrible incendie qui a détruit leur première maison jusqu'à son départ.
Avis :
Attention chef d'œuvre puisqu'il s'agit d'un des one shot du célèbre Taniguchi. Parmi ses trois thèmes de prédilection : le rapport parents/enfants (et plus précisément père/fils), la vie de tous les jours et la nature (surtout la montagne), c'est bien entendu du premier dont il est question ici. Et comme d'habitude, la magie opère.
Une chose à savoir en commençant Le journal de mon père, c'est qu'il s'agit d'un récit quasi-autobiographique puisque Taniguchi a vécu sensiblement le même éloignement avec son père que le héros. Et c'est probablement pour ça que c'est sans doute l'œuvre la plus troublante de l'auteur. Si on dépasse le simple côté tranche de vie pour interpréter tous les messages de regrets, on ne sort pas indemne de la lecture.
La force du récit, c'est d'être basée sur de nombreux paradoxes qui font comprendre au lecteur toute l'incompréhension qui s'est développée dans la famille au fil des ans. La froideur presque dérangeante du héros par rapport à la chaleur et la bonhomie de ses proches est, par exemple, d'une singularité marquante. Mais la plus grosse contradiction, c'est celle qu'il existe entre la vision du fils et la réalité sur le dévouement de son père et de sa mère à la famille. La prise de conscience n'en est que d'autant plus belle.
Le seul reproche que l'on pourrait faire à l'œuvre, c'est sa fin un poil entendue mais cela ne gêne en rien le but véritable de cette expérience sentimentale forte : nous faire réagir. Aidé par un dessin au top et notamment un travail incroyable sur les visages, Le journal de mon père fait décidément partie des références à avoir lu, comme bon nombre de productions de Taniguchi d'ailleurs. En plus, la qualité scénaristique de l'ensemble occasionne même des réactions chez les plus profonds réfractaires de la culture manga.
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