Synopsis :
Sangoku vit seul dans la jungle depuis la mort de son grand-père. Jeune garçon élevé par la nature, il fait la rencontre de Bulma, une citadine partie à la recherche des 7 boules de cristal. Une légende raconte que celui qui trouve les fameuses pierres pourra réaliser son rêve quel qu'il soit. Mais la route est parsemée d'embuches.
Avis :
On a beau avoir lu des centaines de séries, quand on nous demande de citer un shônen, on ne peut pas s'empêcher de penser à l'oeuvre de Toriyama. Cependant je vais essayer de rester neutre et de rédiger un avis objectif par rapport à quelqu'un qui découvrirait la série maintenant. C'est pourtant dur de résister à la pulsion fan de mettre la note maximale. Dernière petite précision, je parle bien ici du manga dont les qualités intrinsèques n'ont rien à voir avec celles de la très moyenne adaptation animée, je le dis et le répète !
Il est important avant tout chose de bien séparer les deux parties de la série. Dragon Ball qui s'arrête au tome 16 représente l'idée originelle que l'auteur avait de la série : un mélange entre shônen et comédie avec la classique progression du héros alors qu'il grandit. Dragon Ball Z qui commence donc avec l'arrivée des saiyan est issu des desiderata de l'éditeur, qui a vite compris le filon qui s'offrait à son porte-monnaie. L'ambiance en devient plus sombre et l'humour disparait en grande partie, l'aspect aventure qui était très présent jusque-là laisse totalement sa place à une avalanche de combats.
La première partie reste l'un des tous meilleurs shônen que l'on puisse encore trouver à l'heure actuelle. Dynamiques, amusantes et bourrées de personnages attachants, les aventures du jeune Sangoku ont encore tous les atouts nécessaires pour plaire au lectorat moderne. La multitude d'idées originales et le trait unique de l'auteur justifient à eux-seuls l'achat. Après tout la plupart des oeuvres que nous lisons maintenant n'existerait peut-être pas sans ces volumes cultissimes.
La seconde partie perd malheureusement de son originalité. On bat un monstre, on se prend une claque par le suivant, on s'entraîne puis on le tue. Le schéma narratif devient classique et peu passionnant. On est un peu lassé par la surpuissance toujours plus abusive des personnages, résultat l'identification que l'on s'était fait a tendance à disparaître. Reste bien entendu des combats très violents et remarquablement bien dessinés, le trait dynamique de l'auteur se prêtant très bien au genre. Mais de nos jours, on apprécie un peu plus de réflexions et de stratégies même dans les shônen les plus classiques, chose qui fait cruellement défaut à l'ancêtre.
Dragon Ball est avant tout une série culte qu'il est bon d'avoir lu pour profiter pleinement des hommages et plagiats à l'oeuvre de Toriyama, que l'on retrouve si souvent dans les mangas modernes. Mais je ne peux pas m'empêcher de trouver que certains aspects de la série ont vieilli, renforçant d'autant plus le léger déclin d'intérêt de la seconde partie. Je ne serai cependant pas étonné que les aventures de Sangoku marquent le lectorat mondial pendant une autre vingtaine d'années.
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