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Par seph
Informations sur le film :
Pays d'origine :
Durée : Année de production : Date de sortie : Acteurs :
Etats-Unis
127 minutes 2008 18/06/2008 Emile Hirsch, Christina Ricci, John Goodman
Du jugement, de la surprise et du soulagement.
Souvent lorsque l'on regarde une bande annonce, on pense avoir cerné le film. Tout le monde en est conscient et une grande majorité admet que c'est une erreur. Toujours est-il que s'il est négatif, il est difficile de se séparer de ce premier jugement afin de se jeter à corps perdu dans une salle de cinéma. Pour Speed Racer, je dirai que la curiosité doit être plus forte que la bande annonce afin de se motiver, mais il est tout de même clair que ce film aux allures de dessin animé ne plaira pas à tout le monde. C'est donc avec beaucoup d'appréhension que l'on peut se tourner vers le dernier bébé des frères Wachowski, à vous de déterminer à la suite de cette lecture si le film est digne de votre intérêt. Pour moi en tous cas, le plaisir fut immense. Speed Racer, c'est le nom du héros ? Sérieux ? L'amour des frères Waschowski pour la japanimation et la culture asiatique n'est plus à présenter, ils l'ont très bien prouvé avec la série des Matrix où ils se faisaient déjà la main sur des scènes de combat emprunts d'arts martiaux puis avec le dérivé Animatrix pour lequel ils ont écrit quelques scénarios. Mais si Matrix était une oeuvre visionnaire à la porté franchement profonde en plus d'être un monument de la science fiction, Speed Racer se détourne de cette voie pour proposer une adaptation décontracté d'une oeuvre d'animation nippone pas toute jeune (1968). L'enjeu principal du film comme le nom le suggère si bien est la course automobile, quant à ses évènements et à ses thèmes, on tombe très rapidement dans le cliché des séries sportives japonaises, à savoir l'histoire d'un enfant prodige, la mort d'un proche, la quête de vengeance et l'apparition d'un rival, mais là, je ne vous apprend rien. Par contre si je vous dit que l'ambiance vive en couleur que vous avez pu apercevoir jusqu'à maintenant au sein des courses est toute aussi présente voire dérangeante au sein même du quotidien des personnages du film, là vous êtes censé me dire que ça doit être bien spé. Bien en effet, c'est spé. Un rêve de gosse. Le ton très enfantin du film se marie d'ailleurs à merveille avec l'ambiance visuelle, dès la première seconde c'est un festival de couleur flashy. Si les courses sont hautes en couleurs et surtout en mouvement, les autres séquences sont elles aussi très dynamique et déroulent dans un univers très fantaisiste auquel la plus grosse difficulté va être d'adhérer. Les frères Wachowski ont pris un risque énorme, mais ont ainsi créer une atmosphère unique, les arbres peuvent paraître sans animation, les décors ont parfois une apparence de playmobil et les meubles design ont des couleurs qui s'entrechoquent sans jamais fusionner. Autant d'éléments qui contribuent à l'élaboration d'un monde enfantin à l'image du personnage principal, assez simple d'esprit mais doué d'un véritable talent. Les dialogues auraient très vite pu sombrer dans la morosité étant donné l'abondance des clichés utilisés, mais c'était sans compter sur l'humour omniprésent et sur le travail le plus impressionnant que fait le film : le montage. Le plaisir à mille km/h. Faisons simple, ne venez pas voir Speed Racer pour voir de long plans séquences où les acteurs vont se donner à fond pour assurer le maximum de crédibilité et impliquer le spectateur à son plus haut degré d'attention, d'ailleurs le jeu des acteurs est un des plus grands point faible du film. Ici, la sensation, l'émotion et le plaisir sont purement visuels. Tout le travail ne s'est pas fait au tournage, mais au montage. Il est rare de voir un plan dépassé les 30 secondes mais les transitions ont été tellement travaillées que l'on a souvent la sensation de ne rien perdre, que l'enchaînement est fluide et que le rythme est incroyablement aussi intense que facile à suivre. Rajoutez à cela une recherche permanente de la référence cinématographique et iconique avec des circuits remplies de détails sur une profondeur étourdissante. Le film étant en plus de cela très généreux en séquence de courses et exploitant à merveille les opportunités filmiques qu'offre la 3D, on sourit, on frissonne et on applaudit devant tant d'ingéniosité, de défiance envers les codes cinématographiques et de plaisir procuré au spectateur. Avec son ambiance rétro et futuriste à la fois, ses multiples références aux dessins animés et séries B japonaises ainsi que sa vivacité narrative et d'action, Speed Racer est un film atypique, intense et savoureux qui saura se faire apprécier avant tout par un public qui apprécie l'image dans ce qu'elle a de plus vivant. A déconseiller tout de même aux épileptiques. |
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