Synopsis :
Spike et Jett sont deux chasseurs de primes au passé trouble, à l'efficacité discutable et au porte-monnaie souvent vide. Leur boulot les force à se déplacer de planètes en stations spatiales, à la recherche de proies traquées pour différentes raisons. Au fur et à mesure l'équipage se remplit avec une amnésique, une jeune hacker surdouée et le chien le plus intelligent de l'univers.
Avis :
Amateurs de jazz, cet animé est fait pour vous. Cela m'amuse de commencer un article ainsi, mais ne pas reconnaître l'importance de la musique dans Cowboy Bebop serait de toute façon une grosse erreur. L'oeuvre porte après tout le nom d'un style de jazz des années 1950 : le bebop. Mais les références ne s'arrêtent pas là puisque plusieurs titres d'épisode correspondent à des chansons connues. Tous les combats aussi bien terrestres que spatiaux sont chorégraphiés en fonction de leur musique. Enfin cet OST est l'un des plus imposants jamais composé pour une série de 26 épisodes. Avec ses cinq CD, Yoko Kanno a signé la meilleure bande originale d'animé de tous les temps (d'après IGN). D'ailleurs pour l'anecdote, certains épisodes ont été réalisés en fonction d'une musique préalablement créée.
Mais puisqu'on en est à parler de culture américaine à travers le jazz, on en arrive très naturellement à l'univers rétro-futuriste exceptionnel de la série. Mélanger du space opera, une ambiance conquête de l'ouest, et des villes, moeurs et habits terriblement contemporains, il n'y avait probablement que Watanabe pour réussir cela aussi bien. Le monde de nos cowboy a été travaillé dans le moindre détail pour générer cet ensemble à la crédibilité parfaite. L'atmosphère très sombre et particulièrement violente s'explique facilement suite à la quasi-destruction de la Terre 50 années plus tôt. Quant au choix de rétablir les primes, cela montre à quel point le gouvernement a raté sa colonisation. C'est donc un futur plutôt probable et tout à fait passionant que l'on nous propose de découvrir.
Le scénario n'est pas en reste. Chaque épisode possède une trame indépendante, pas très profonde mais passionnante. Elle se présente avant tout comme un excellent prétexte pour nous faire découvrir une planète et une population différente. L'histoire globale de son côté se développe doucement au travers des événements parallèles, et n'est vraiment mise en avant qu'au cours d'un épisode médian et des deux derniers. Ce format souvent repris depuis, s'intègre parfaitement à l'ambiance très dynamique de l'animé, nous permet de profiter des scénarii les uns après les autres à leur juste valeur, tout en créant une conclusion digne d'une trame de série longue.
En ce qui concerne la réalisation, c'est bien entendu un sans faute. Il est d'ailleurs difficile de ranger Cowboy Bebop dans les oldies. Outre l'aspect musical, l'animation surprend pour une oeuvre de cet age, mais c'est surtout le chara-design phénoménal de Kawamoto qui marque à jamais le spectateur. D'ailleurs l'accroche aux personnages est une réussite sans précédent, tant ce petit groupe de losers est attachant. Je pense qu'après tout ces superlatifs, vous aurez compris qu'il s'agit d'une oeuvre exceptionnelle. D'ailleurs, n'y voyez pas une recommandation mais bien une obligation.
Fiche associée : Samurai Champloo
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