Synopsis :
Kurenai Shinkurou cumule sa vie de lycéen ordinaire avec un boulot de médiateur, n'hésitant pas à user de violence pour régler certains conflits. Ce dernier étant efficace et discipliné, sa patronne Benika lui confie une mission plus importante. Il doit veiller sur Murasaki Kuhouin, une fillette de 7 ans enlevée à sa riche famille pour des raisons qui échappent à notre jeune héros. La gamine n'ayant manifestement jamais quitté la demeure familiale et ses serviteurs, la cohabitation commence sous de mauvais augures.
Avis :
La première chose qui frappe lorsque l'on commence Kure-nai, c'est la qualité du chara-design. Déjà responsable d'un Red Garden tout aussi fameux sur ce point, Ishii Kumi réalise un sans-faute. Les filles sont toutes plus réussies les unes que les autres. Elles correspondent bien à leur caractère, sans tomber dans les archétypes classiques que l'on est un peu lassé de retrouver sans cesse. Mention spéciale bien sûr pour Murasaki qui touche le spectateur dès la première minute. Mais le héros bénéficie aussi d'un travail soigné, ce qui est assez rare pour être souligné dans une oeuvre composée majoritairement de personnages féminins.
La réalisation dans l'ensemble est d'ailleurs plus que correcte. Les combats ne sont pas la composante principale de Kure-nai et pourtant la qualité d'animation dépasse clairement les standards. De plus les dessins sont magnifiques. On pourra juste regretter que l'OST soit aussi répétitif, avec un thème principal au piano trop lent, voire endormant et beaucoup trop récurrent. C'est d'autant plus dommageable que le plus gros problème de la série est certainement son manque de rythme. Les affrontements assez peu nombreux ne sont pas gênants mais les flashbacks incessants ajoutés à de nombreuses scènes répétitives finissent par rendre ces petits moments de la vie de tous les jours un poil rébarbatif.
L'univers est plutôt réussi, à trop vouloir ressembler au monde réel il finit par manquer un peu de crédibilité, mais l'ensemble est dense et plaisant. De son côté, le scénario est intéressant mais parait finalement bien vide quand on arrive au terme de la série. La faute a un mauvais ratio entre les scènes décrivant l'univers et celles faisant avancer la narration. Il n'empêche que l'on rentre facilement dans cette petite trame et que l'on a du mal à s'arrêter avant d'en voir le bout. Le format douze épisodes est d'ailleurs un excellent choix.
Kure-nai est au final une série qu'il est difficile de déconseiller. Le manque de rythme risque d'en déranger plus d'un mais l'univers passionnant et les personnages d'une grande qualité justifient qu'on s'y intéresse. De plus les réflexions sur la condition féminine et la notion de femme objet ne sont ni inintéressantes ni hors-sujet dans ce monde pourri qui est le notre.
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