Synopsis :
Simon et Kamina vivent sous la Terre comme le reste de l'humanité. Leur ennuyant quotidien est bouleversé par l'arrivée fracassante d'un robot géant : un Ganmen. Après quelques tentatives vouées à l'échec, les deux amis découvrent une version miniature de leur adversaire enterrée dans le village. Quelques minutes plus tard, ils parviennent à se débarrasser de la menace et à gagner la surface. Mais leur combat pour l'émancipation de la race humaine ne fait que commencer.
Avis :
Gurren Lagann se veut avant tout un mélange de genre rarement osé. Comédie tendance délire, drame, guerre, mecha et aventure se cumulent pour former un résultat détonnant. La grande force de l'oeuvre, c'est de réussir à parodier tous les styles à coup de provocations grosses comme le monde tout en créant un animé de qualité. Ainsi l'allergique aux productions de mecha trouvera la critique grandiose alors que l'aficionados se sentira en présence d'une perle du genre. Un pari osé mais réussi grâce notamment à une réalisation sans faille.
Le réalisateur Hiroyuki Imaishi était déjà responsable de l'animation sur Furi Kuri en plus d'être l'auteur de Dead Leaves. Et force est de constater que l'on assiste ici à l'apothéose de son art. Il en résulte des combats de mecha incroyablement dynamiques. Le côté addictif de la série doit beaucoup à cette animation grandiose au style très brutal. De plus la bande son est excellente quoi qu'un peu trop j-pop/j-rap pour moi.
Autre élément marquant de cette réalisation : le fait d'accentuer au maximum ce qui est d'habitude ridicule, bien entendu volontairement. Cela rend d'ailleurs l'ensemble très kitch. Les phrases grandiloquentes vides de sens atteignent ici leur paroxysme. Les poses de Kamina et des Ganmen en général donnent une définition toute nouvelle au ridicule. Les effets de lumière colorée servant habituellement à cacher une animation désastreuse sont légions. Les personnages accumulent les clichés. Mais tout cela va tellement loin qu'on passe le stade du pathétique pour atteindre celui du parodique. Et globalement un effet inverse se produit, ce qui nous aurait ennuyé dans une autre série devient ici hilarant et touchant à commencer par les héros.
L'univers n'est pas en reste. L'humanité enterrée s'étend rapidement sur sa planète et dans le ciel. La découverte progressive d'une réalité très différente de ce qu'ils avaient imaginée rappellera Gunnm aux connaisseurs. Le scénario est à la hauteur du monde créé pour l'occasion. L'auteur se débrouille pour surprendre violemment le spectateur à chaque retournement de situation. De plus le côté dramatique dont je parlais un peu plus haut n'est pas un leurre grâce à une maîtrise exceptionnelle de ce que j'appelle la mort utile. Le premier exemple vient assez tôt dans la série, crée une surprise rarement vue en japanimation et accentue d'un coup la densité scénaristique de l'oeuvre.
Seul bémol, la seconde partie de Gurren Lagann n'est définitivement pas au niveau du reste. La grosse erreur est d'avoir voulu donner une dimension beaucoup plus sérieuse à une oeuvre qui n'en avait surtout pas besoin. On frôle alors de très près la frontière qu'il existe entre pathétique et parodique. Les épisodes 18 à 20 manquent par exemple totalement de crédibilité : la trahison est trop simple, les humains sont montrés comme des moutons sans cervelle ... C'est ridicule. Et puis le rythme de la série diminue brutalement, on passe d'une bataille par épisode à quatre affrontements sur les dix derniers. Elles sont certes plus longues mais nettement moins amusantes. Celle qui précède le combat final est d'ailleurs particulièrement ennuyante et malhabile.
Gurren Lagann reste cependant une perle. C'est une oeuvre très divertissante à la réalisation incroyable. Elle se permet en plus de mélanger parodie avec scénario de qualité. Il en résulte une série accessible et poignante que je conseille à tous. Elle rate cependant la perfection à cause du dernier tiers des épisodes, dommage !
Fiche associée : Dead Leaves
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