Synopsis :
Memories est un film composé de trois sketchs sans relation d'une trentaine de minutes. Toutes les histoires sont tirées du manga du même nom de Katsuhiro Otomo (Akira). Cependant le maître ne s'est occupé que de la réalisation de la troisième partie (Cannon Fodder). C'est Kôji Morimoto (Animatrix) secondé par Satoshi Kon (Perfect Blue) en tant que directeur artistique qui s'est chargé du premier sketch (Magnetic Rose). Enfin on a Tensai Okamura (Wolf's Rain) pour Stink Bomb.
Magnetic Rose raconte la mésaventure subie par des récupérateurs de débris spatiaux. Attirés par un signal de détresse, ils se retrouvent enfermés dans une station abandonnée. Stink Bomb met en scène un scientifique pas très malin avalant par inadvertance la dernière production de son laboratoire. Il commence alors à produire un gaz qui s'avère mortel pour tout ce qui l'entoure. Enfin Cannon Fodder relate la journée type d'une famille dans une ville de canons en guerre perpétuelle.
Avis :
Magnetic Rose est assurément celui qui m'a le plus marqué. La patte de Kon se sent tout de suite tant le film fait penser à un croisement entre Millenium Actress et 2001, l'odyssée de l'espace. On a ainsi les réflexions psychologiques habituelles qui s'articulent autour de la frontière très fine qui sépare le rêve de la réalité. L'histoire passionnante et très poétique met rapidement en scène une diva italienne qui semble s'être recluse en ces lieux plusieurs années auparavant. Question réalisation, c'est un sans faute surtout au niveau des décors. La station mélange une reconstruction d'intérieur de château avec des endroits bien glauques qui nous rappelleront rapidement que l'oeuvre originale est d'Otomo.
Stink Bomb permet au spectateur de décompresser après l'avalanche d'émotions fortes de son ainé. Le rythme soutenu et l'humour très présent font de ces quarante minutes un pur moment de divertissement. Tout tient grâce au personnage principal certes un peu bête mais terriblement attachant. On pourra juste regretter le rôle des américains qui fait (trop) cliché. Mais ça ne diminuera en rien le plaisir généré par la plus exceptionnelle attaque chimique à vélo de l'histoire du cinéma. Dernier bon point de ce second sketch, la qualité de son animation dépasse de très loin les standards.
Etonnamment c'est donc la partie réalisée par Otomo qui fait un peu pâle figure par rapport au reste. Certes c'est un pur chef-d'oeuvre au niveau de l'ambiance. Pendant vingt minutes on a l'impression de réouvrir 1984 et de retomber dans son univers contre-utopique. Maman construit des obus, papa s'occupe du canon principal et l'enfant étudie les trajectoires à l'école. Il sera laissé au spectateur le droit d'imaginer si la guerre est réelle ou fictive, mais la main mise sur la population est une réussite totale. Reste cependant que le dynamisme mis en avant par les deux autres sketchs s'effrite violemment. On y perd rapidement notre concentration après déjà presque une heure et demi de projection.
Memories est une valeur sûre. L'oeuvre regroupe sous la bannière d'un Otomo qu'on ne présente plus quelques-uns parmi les meilleurs réalisateurs d'animés. Il en résulte des sketchs aux qualités très diversifiées mais qui se complètent pour former un tout d'exception. Il serait vraiment dommage de passer à côté alors que pour une fois, il y en a vraiment pour tous les goûts.
Fiche associée (manga) : Akira
Lien animeka