Synopsis :
Ere Kanei (1624-1644), un gigantesque tournoi de duel à mort est organisé par un des frères du Shogun Iemitsu. Deux hommes se retrouvent alors : Fujiki Gennosuke et Irako Seigen. La haine qui semble lier ces samurais est palpable et débute à l'époque de leur jeunesse, alors qu'ils suivent le même enseignement au dojo Kogan-Ryuu.
Avis :
Shigurui se base sur la structure assez classique mais souvent jouissive d'une annonce de scène finale, que toute la série va servir à atteindre. Mais le manga n'étant pas terminé, le flashback s'avère incomplet. L'animé manque alors clairement d'une fin, puisqu'il est impossible de la qualifier d'ouverte à cause de l'existence de ce duel. On reste donc dans l'expectative avec des dizaines de questions en suspens, et c'est probablement son plus gros défaut.
Malgré ce problème, la trame centrée sur la passation de pouvoir du maître du Kogan-Ryuu est passionnante. On y retrouve tous les fondamentaux du film de samurai, mais sans qu'ils s'apparentent à des clichés tant l'ambiance est travaillée à son paroxysme. La froideur de la mise en scène tient du génie, mais le plus troublant provient de la crédibilité de l'ensemble, renforcée notamment par le réalisme des blessures.
Effectivement, ce n'est vraiment pas exagéré de qualifier Shigurui de gore. Entre les organes représentés en 3D, le sang qui coule à flot, et les membres brisés dessinés dans un souci du détail affolant, on a bien du mal à ne pas y voir une reconstruction photo-réaliste d'un événement passé. Et ce n'est pas le chara-design tout aussi crédible aux visages terriblement expressifs, qui va me contredire. Autant dire que l'oeuvre ne s'adresse pas à tout le monde.
Toute la réalisation est d'ailleurs excellente. Les musiques ne donnent pas envie d'être réécoutées une fois la série terminée, mais participent efficacement à l'ambiance. C'est surtout les dessins magnifiques servant au mieux la dureté et la froideur des affrontements, qui subliment l'ensemble. Combats qui sont d'ailleurs incroyablement esthétiques entre une animation correcte bien qu'un peu trop entrecoupée, et des arrêts sur image dignes de figurer dans un artbook.
La mise en scène est un peu lente, mais c'est difficile de le relever comme un défaut tant c'est classique du genre. Au final le seul vrai souci de Shigurui est donc son manque de conclusion, qui laisse un goût amer en bouche comme dernière impression. Cependant cela n'enlève en rien l'extase presque malsaine ressentie tout au long des épisodes.
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