Synopsis :
Tarou est un lycéen qui vit depuis 11 ans avec le traumatisme laissé par la mort de sa soeur au cours d'un enlèvement qui a mal tourné. En ce début d'année, deux de ses camarades de classe semblent étrangement liés à l'ancien accident : Mokoto dont le père a longtemps été considéré comme coupable suite à son suicide et Masayuki, un nouvel arrivant qui pose des questions gênantes. Une première expérience de décorporation va rapprocher les trois jeunes hommes.
Avis :
Ghost Hound est issue d'un concept de Masamune Shirow, le mangaka qui a écrit de petites oeuvres méconnues comme Ghost in the Shell ou Appleseed. Comme la majorité des productions du maître, la série se base sur un univers qui surprend à la fois par sa densité et sa cohérence. Mélanger du fantastique avec le monde réel donne souvent des animés peu crédibles, mais ici tout est bien trop maîtrisé. L'auteur se permet même de rajouter de nombreuses explications scientifiques et médicales passionnantes pour expliquer certains phénomènes.
Côté ambiance, on atteint des sommets. Le suspens est très habilement conservé tout au long des 22 épisodes. Mais c'est surtout sur l'aspect dérangeant de la série qu'on s'arrêtera. Critique acerbe de la science, quelques passages effrayants mais surtout un sentiment persistant de malaise font tout l'intérêt de cette production. L'origine de ce dernier est due au travail tout simplement phénoménal sur les bruitages et la musique. Les sons accompagnant les esprits, le filtre sonore sur la voix des doubleurs pendant les décorporations, ou encore le grésillement extrêmement stressant qui nous assaille au milieu des épisodes, maintiennent le spectateur dans un état second délectable.
Mais tant qu'à en parler, c'est toute la réalisation de Ghost Hound qui est géniale. Le dessin est tout simplement magnifique avec un gros travail sur les décors et le rendu des créatures surnaturelles. L'animation surprend par sa qualité alors que les scènes d'action sont plutôt rares. Mais c'est surtout le chara-design qui convainc. Les trois garçons à commencer par Makoto sont exceptionnels, la fille est attachante comme peu de personnages l'ont déjà été, et on se surprend vite à apprécier aussi la majorité des adultes qui leur tourne autour.
C'est finalement sur le scénario lui-même que je note le seul petit défaut de la série. Avec un univers si poussé, on s'étonne que la trame ne décolle pas plus. Effectivement, la narration surprend par sa routine. Toute l'histoire semble se dérouler à la même vitesse et manque de retournements de situation importants pour briser le rythme. Ainsi passés les premiers épisodes et le temps d'adaptation à l'univers, on n'est plus vraiment étonné par les scènes auxquelles on assiste. La fin se révèle d'ailleurs bien naïve, à l'opposé de ce à quoi on était en droit de s'attendre.
Ghost Hound est une production de très bonne qualité qui devrait convaincre une grande majorité des amateurs de japanimation par ses qualités évidentes. Cependant il lui manque clairement le petit éclair de génie qui aurait relancé l'intérêt en milieu de série, autrement dit ce qui la différencie des oeuvres cultes.
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